5- Le mouvement nationaliste

 

5- Le mouvement nationaliste

Samuel Fortin
Ce document a été généré dynamiquement par le Bilan du siècle.
Université de Sherbrooke - 2004-03-20
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Le député nationaliste Armand Lavergne

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Henri Bourassa

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Discours de Pierre Bourgault, chef du Rassemblement pour l'Indépendance Nationale (RIN)

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© Antoine Desilets

René Lévesque, chef du Parti québécois

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Brian Mulroney, premier ministre du Canada

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© Site des premiers ministres du Canada.

Robert Bourassa, premier ministre du Québec

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© Archives nationales du Québec.

Événements

1 mars 1903 - Fondation de la Ligue nationaliste canadienne
Olivar Asselin , Omer Héroux, Armand Lavergne et d'autres journalistes et avocats montréalais participent à la fondation de la Ligue nationaliste canadienne.

Au cours de son existence, la Ligue nationaliste aura pour objectif de défendre l'autonomie politique, commerciale et militaire du Canada face à l'impérialisme britannique. Son programme peut se résumer de la façon suivante: (politique) a) maintien absolu des libertés politiques b) opposition à toute participation du Canada aux délibérations du Parlement britannique et de tout conseil impérial, permanent ou périodique c) consultation des Chambres par le gouvernement sur l'opportunité de participer aux conférences extraordinaires des pays d'allégeance britannique d) liberté absolue de réglementer l'immigration canadienne e) production de toute correspondance ou documents échangés entre les gouvernements de Londres et d'Ottawa f) restriction des appels au Conseil Privé; pour les lois provinciales, on ne doit en appeler qu'aux tribunaux provinciaux g) droit de représentation aux congrès internationaux. Au niveau de l'autonomie commerciale, la Ligue réclame: a) le droit absolu de faire et de défaire nos traités de commerce avec tous pays, y compris la Grande-Bretagne et ses colonies b) la liberté de nommer des agents commerciaux. Enfin, sur le plan militaire, la ligue demande a) à ce que nos troupes ne participent à aucune guerre impériale en dehors du Canada b) la résistance à toute tentative de recrutement que l'Angleterre ferait au Canada c) l'oppposition à l'établissement d'une école navale au Canada, avec le concours et pour le bénéfice de l'autorité impériale d) le commandement de la milice canadienne par un officier canadien, nommé par le gouvernement canadien; caractère strictement canadien imprimé à l'entraînement de la milice.» D'autres articles du programme traitent davantage de l'autonomie provinciale. Sous la rubrique «Politique intérieure», le programme de la Ligue traite par exemple de colonisation, d'enseignement patriotique et de législation ouvrière. Ce programme est lié en plusieurs points aux grandes questions d'actualité de l'époque. Malgré ce programme revendicateur, la Ligue résistera à la tentation de devenir un parti politique. [détails]

23 août 1903 - Tenue de la première assemblée de la Ligue Nationaliste canadienne
La Ligue Nationaliste tient sa première assemblée afin de protester contre les résolutions impérialistes adoptées au cinquième congrès des chambres de commerce de l'Empire à Montréal. L'événemenement à lieu au théâtre national sous la présidence du journaliste Olivar Asselin

Le premier et principal orateur de cette assemblée est Henri Bourassa . Il débute son discours en soulignant que le congrès des chambres de commerce de l'Empire, qui a eu lieu à Montréal, était destiné à préparer le terrain pour les politiques de la Grande-Bretagne. Selon Bourassa, les résolutions votées à cette occasion relativement à la participation obligatoire des colonies à la défense de l'Empire, serviront à imposer de nouvelles mesures impérialistes sous le prétexte que le monde du commerce, de l'industrie et de la finance de tout l'Empire les ont réclamées. Or, Bourassa rappelle les énormes efforts déployés à la défense de l'autonomie canadienne. Il souligne aussi que le premier devoir des Canadiens est envers le Canada. Selon lui, la Grande-Bretagne a retiré plus de services du Canada que le Canada n'en a retiré de l'Empire britannique. À cet égard, la solidarité impériale est inacceptable à ses yeux et les Canadiens doivent faire taire la voix de Rideau Hall (résidence du gouverneur générale du Canada) pour faire entendre celle du peuple. Bourassa ne désire pas de rupture avec la Grande-Bretagne, par contre, il prétend qu'entre la rupture et l'asservissement, il choisit sans contredit la rupture. Il termine son discours en ajoutant sous des applaudissements effrénés: «Plutôt l'indépendance que l'impérialisme!» Plusieurs autres discours à saveur nationaliste seront prononcés par la suite. Le lendemain, le journal «La Presse» manifestera son support à Bourassa en consacrant à l'assemblée de la veille sa page frontispice. En revanche, les loyalistes canadiens seront scandalisés. Un résumé du discours de Bourassa sera même câblé à Londres où il crééra une certaine surprise. [détails]

6 mars 1904 - Parution du premier numéro du journal «Le Nationaliste»
Olivar Asselin, qui assumera la présidence du «Nationaliste» jusqu'en 1908, Henri Bourassa et plusieurs autres fondent ce nouveau journal hebdomadaire.

«Le Nationaliste» sert d'organe à la Ligue nationaliste, un mouvement dont le programme se résume en trois points: autonomie canadienne dans l'Empire, autonomie des provinces dans le Canada et une politique exclusivement canadienne. Jusqu'en 1910, ce journal est au coeur de tous les grands combats politiques. Par contre, la fondation du «Devoir» par Henri Bourassa, en 1910, reléguera «Le Nationaliste» au second plan. Finalement, le 28 septembre 1922, il fusionnera avec le «Devoir» et deviendra «Le Nationaliste et le Devoir», une édition du samedi. [détails]

13 mars 1904 - Fondation de l'Association catholique de la jeunesse canadienne-française
Les abbés Lionel Groulx et Émile Chartier sont à l'origine de l'Association catholique de la jeunesse canadienne-française (ACJC). Leur but, qui rejoint celui du mouvement français de l'Association catholique de la jeunesse française (ACJF), consiste à développer chez les jeunes étudiants ou professionnels laïcs des sentiments catholiques et nationaux. Leur devise: «Piété, Étude, Action».

Lors du premier congrès de l'ACJC à Montréal, le 25 juin 1904, le président fondateur Joseph Versailles prononce un discours à saveur nationaliste: «Nous estimons que c'est à notre peuple d'exploter les richesses de notre pays. Nous tenons enfin que nulle région au monde n'a droit à notre amour et à notre dévouement à l'égal de notre Canada français. Notre patrie est ici, elle n'est nulle part ailleurs. C'est à elle seule que nous voulons dévouer toutes nos énergies...» Le congrès adopte entre autres les articles suivants : «1. Les membres de l'Association catholique de la Jeunesse canadienne-française croient que la race canadienne-française a une mission spéciale à remplir sur ce continent, et qu'elle doit, pour cette fin, garder son caractère distinct de celui des autres races. 2. La race canadienne-française possède des aptitudes pour remplir sa mission, et (...) le pays où la Providence l'a placée renferme les ressources nécessaires à la formation d'une grande nation, et que c'est aux Canadiens français d'exploiter ce pays, qui est le leur. 3. C'est dans le sol du pays que le patriotisme doit avoir ses racines, et que le Canada français doit l'emporter dans leur amour sur toute autre région. 4. C'est le devoir de tous les Canadiens de favoriser ce qui peut accroître légitimement l'autonomie du Canada et de lutter avec énergie contre tout ce qui pourrait amener son absorption par une autre nation quelle qu'elle soit. 5. Il est du devoir des jeunes Canadiens français de ne point tellement s'attacher à un parti politique qu'ils soient portés à lui sacrifier l'intérêt de la religion et de la patrie. 6. Convaincus que c'est sur le terrain social plutôt que sur le terrain politique qu'il y a espoir d'aider au groupement des forces nationales; convaincus que la vie politique ne doit être que l'efflorescence de la vie sociale; les membres de l'Association affirment leur intention de concentrer tous leur efforts à se préparer à une action sociale mise au service des intérêts de leur patrie. 7. La pratique intégrale du catholicisme, c'est-à-dire un catholicisme vécu par l'individu et par la société, est le remède à tous les maux et la source de tous les progrès de la société. 8. Le progrès de la race canadienne-française est d'une façon spéciale attaché à sa foi catholique.» [détails]

5 juin 1966 - Participation électorale du Rassemblement pour l'indépendance nationale
C'est la première et la seule participation du Rassemblement pour l'indépendance nationale (RIN) à une élection générale. Ce parti indépendantiste, dirigé par Pierre Bourgault , obtient 5,6 % des voix mais ne réussit à faire élire aucun député à l'Assemblée législative.

L'élection de 1966 permet de donner un premier aperçu du support accordé au projet indépendantiste. La venue du Mouvement souveraineté-association (MSA) et la formation du Parti québécois (PQ), en 1968, viendront toutefois mettre fin à l'existence du RIN qui ne prendra plus jamais part à une élection générale. [détails]

14 octobre 1967 - Départ de René Lévesque du Parti libéral du Québec
Le député de Laurier à l'Assemblée législative, le libéral René Lévesque , soumet aux délégués de son parti un manifeste sur le thème de la souveraineté-association. Seulement 4 des délégués présents, sur 1 500, lui accorderont leur appui..

Le même après-midi, Lévesque annonce son départ du Parti libéral. Il sera accompagné dans sa démarche par quelques collègues. Lévesque siégera désormais comme indépendant à l'Assemblée législative. Dans son manifeste, René Lévesque présentait un projet de souveraineté de l'État québécois accompagné d'une association nouvelle avec le Canada. Cette idée a fait peu d'adeptes au sein du PLQ dont la majorité des membres se rallient à une proposition constitutionnelle plus modérée. Pour sa part, Lévesque participera en 1968 à la fondation du Mouvement souveraineté-association. [détails]

19 novembre 1967 - Création du Mouvement souveraineté-association
Quelques semaines après avoir quitté le Parti libéral du Québec, le député indépendant de Laurier, René Lévesque , réunit 400 partisans qui se rallient à son option constitutionnelle et fondent le Mouvement souveraineté-association.

Le 14 octobre 1967, René Lévesque avait quitté le Parti libéral à la suite du refus du congrès d'entériner son projet de faire du Québec un état souverain associé au reste du Canada. Le 19 novembre, Lévesque et un groupe de militants nationalistes fondent le Mouvement souveraineté-association (MSA). Le MSA préconise l'indépendance du Québec assortie d'une association avec le reste du Canada. L'adhésion de Lévesque, ancien ministre dans le gouvernement de Jean Lesage , donne à l'option indépendantiste une nouvelle crédibilité. Au début de l'année 1968, le MSA va tenter de fusionner avec les partis politiques indépendantistes, comme le Ralliement national (RN) et le Rassemblement pour l'indépendance nationale (RIN). Du 19 au 21 avril 1968, 7 300 membres du MSA se réuniront en congrès pour définir les grandes orientations du mouvement. Ils adopteront un document de base intitulé «Ce pays qu'on peut bâtir». Il contient les principes fondamentaux du futur programme du Parti québécois dans les domaines sociaux, culturels, économiques et politiques. Enfin, c'est également lors de ce Congrès d'orientation que les militants décideront de fonder un nouveau parti politique indépendantiste : le Parti québécois. [détails]

11 octobre 1968 - Ouverture du congrès de fondation du Parti québécois
Lors d'un congrès de quatre jours qui se déroule au petit Colisée de Québec, le Mouvement souveraineté-association (MSA) de René Lévesque et le Ralliement national (RN) de Gilles Grégoire fusionnent pour fonder une nouvelle formation politique indépendantiste : le Parti québécois (PQ).

Au cours de ce congrès, les 800 délégués font de René Lévesque le premier chef du Parti québécois (PQ). On évalue qu'environ 625 d'entre eux adhéraient déjà au MSA alors que 175 autres délégués proviennent du RN. Contrairement au voeu de Lévesque qui préfère le nom Parti souveraineté du Québec, les membres se prononcent en faveur de Parti québécois (285 votes 460), un choix endossé par Gilles Grégoire. Lévesque déclarera à ce sujet : «Il faut porter le nom de notre parti avec dignité, sans commercialisme, c'est-à-dire jusqu'au jour de l'indépendance, alors que nous serons tous des Québécois.» Au cours de ce congrès qui dure plusieurs jours, de nombreux thèmes sont abordés. En plus de la réalisation de la souveraineté, qui est l'objectif premier du nouveau parti, on veut notamment faire du français la langue officielle du Québec, affirmer le respect des droits scolaires des anglophones et proposer une association économique avec le reste du Canada. Contrairement à ce que certains anticipaient, il semble en fin de compte y avoir eu peu de frictions entre les ex-membres du MSA et ceux du RN, bien que ces derniers soient considérés plus conservateurs socialement et économiquement. Quelques jours après ce congrès, le 26 octobre, Pierre Bourgault , chef du Rassemblement pour l'Indépendance nationale (RIN), demandera la dissolution de son parti et invitera ses membres à se joindre à la formation de Lévesque. Le PQ participera à ses premières élections générales en avril 1970. [détails]

22 novembre 1984 - Démissions en bloc au Parti Québécois
En désaccord avec la mise en veilleuse de l'option souverainiste par le Parti québécois (PQ), les ministres Jacques Parizeau , Jacques Léonard, Camille Laurin , Gilbert Paquette et Denise Leblanc-Bantey remettent leur démission.

Quelques jours plus tard, Louise Harel et Denis Lazure démissionneront à leur tour, laissant le PQ dans une position difficile. En chute dans les sondages, cette formation aura à composer quelques mois plus tard avec le départ de son chef, René Lévesque. Rendu inquiet par la tournure des événements, Lévesque reconnaît que : «l'état de la situation c'est qu'il y a un grave problème à l'intérieur de nos rangs et que le problème va se résorber d'une façon ou d'une autre, mais de quelle façon précise, je ne serais pas en mesure de vous le dire.» [détails]

9 mai 1986 - Dévoilement des demandes constitutionnelles du Québec
Le gouvernement libéral de Robert Bourassa présente ses conditions «minimales» pour que le Québec accepte d'éventuelles offres constitutionnelles de la part du gouvernement fédéral et des autres provinces.

Selon Gil Rémillard, ministre des Affaires intergouvernementales canadiennes : «le gouvernement fédéral doit se désengager de ces champs d'action (santé, éducation post-secondaire) qui ne relèvent pas de sa juridiction, nous le souhaitons. Mais qu'il ne redonne pas aux provinces les ressources financières en conséquences; voilà ce qui nous est inacceptable. Si le projet de loi C-96 (sur le financement de la santé et l'enseignement post-secondaire) devait être voté par le Parlement canadien, cela pourrait certainement avoir un impact sérieux sur le déroulement des négociations constitutionnelles (...) À ce moment-ci le Québec n'a aucune raison de débuter des négociations constitutionnelles parce qu'on n'a pas de preuve qu'on veut réellement négocier avec nous pour réparer cette situation.» Quatre autres conditions sont exigées par Québec : la reconnaissance du Québec comme société distincte, un droit de veto sur tout changement à la Constitution, des garanties concernant la nomination de juges québécois à la Cour suprême du Canada (un tiers des juges doivent être Québécois) et la prise en charge complète par le Québec de l'immigration sur son territoire. L'année suivante, le gouvernement Bourassa, jugera ces conditions réunies dans l'Accord du lac Meech. [détails]

30 avril 1987 - Tenue d'une rencontre des premiers ministres en vue d'une entente constitutionnelle au lac Meech
Les onze premiers ministres canadiens réunis au lac Meech s'entendent sur un projet commun qui disposerait l'Assemblée nationale du Québec à donner son assentiment à la nouvelle Constitution canadienne. Cette initiative fait suite à la volonté exprimée par le premier ministre du Canada, Brian Mulroney , d'amener le Québec à signer l'entente constitutionnelle dans «l'honneur et l'enthousiasme».

L'accord discuté à cette occasion porte sur : a) la reconnaissance du caractère distinct du Québec au sein du Canada b) une formule de droit de retrait aux amendements constitutionnels étendu à tous les domaines de compétence provinciale c) une compensation à toute province qui ne participe pas à un nouveau programme national à frais partagés dans un domaine de compétence provinciale exclusive d) l'obligation constitutionnelle de tenir d'autres conférences annuelles e) la constitutionnalisation de la Cour suprême f) les ententes dans le domaine de l'immigration. Le Parti québécois, dirigé par Pierre Marc Johnson , promet une lutte à finir contre l'accord, alors que le premier ministre du Québec, Robert Bourassa , estime qu'il a été conclu dans l'optique d'un Canada équilibré. Le 3 juin, tous les premiers ministres réunis à Ottawa signeront le texte après plusieurs heures d'intenses négociations. Le premier ministre Bourassa déclarera alors qu'il s'agit d'un «grand jour pour le Québec et un grand jour pour le Canada». Le 23 juin 1987, l'Assemblée nationale du Québec deviendra le premier des onze gouvernements à entériner l'accord constitutionnel. Le 27 août suivant, à l'occasion de leur rencontre annuelle à Saint-Jean, Nouveau-Brunswick, les premiers ministres provinciaux discuteront de libre-échange et réaffirmeront leur volonté de respecter les clauses de l'Accord du lac Meech. Robert Bourassa croit qu'un refus de la part des provinces anglaises d'entériner l'entente porterait un dur coup à l'unité nationale. Le 26 octobre 1987, la Chambre des communes adoptera l'Accord du lac Meech : 242 députés seront favorables à l'entente alors que 16 s'y opposeront et que 24 s'abstiendront ou seront absents. Pour devenir loi, l'entente devra cependant être ratifiée par toutes les législatures provinciales au plus tard en juin 1990. [détails]

27 mai 1987 - Publication d'un texte de l'ex-premier ministre Pierre Elliott Trudeau sur l'Accord du lac Meech
Moins d'un mois après l'entente survenue au lac Meech entre les premiers ministres provinciaux et le gouvernement fédéral sur l'entrée éventuelle du Québec dans la Constitution, l'ex-premier ministre du Canada, Pierre Elliott Trudeau, fait connaître ses positions dans un texte publié dans «La Presse» et le «Toronto Star».

Le texte de l'ex-premier ministre constitue une charge à fond de train contre l'Accord du lac Meech «qui rendra l'État canadien tout à fait impotent (...) Il met le Canada sur la voie de la souveraineté-association.» Qualifié de «pleutre» par Trudeau, le premier ministre Brian Mulroney répond que «maintenant le choix devient limpide. Les Canadiens choisiront entre le fédéralisme des attaques personnelles et celui d'un Canada renouvellé, plus fort et plus vigoureux.» Pour Trudeau, la répartition des pouvoirs suggérée ne peut qu'entraîner un affaiblissement du gouvernement central, ce qui aurait pour conséquence de mener le pays à l'éclatement. Le ton cinglant utilisé par l'ex-premier ministre -«Il (le premier ministre Brian Mulroney) n'a pas réussi tout à fait à réaliser la souveraineté-association, mais il a mis le Canada sur la voie rapide pour y parvenir»- n'échappe pas aux médias et aux observateurs de la scène politique. Plusieurs considèrent même cette intervention comme un événement déclencheur de la contestation qui va s'organiser au cours des trois prochaines années et qui empêchera la ratification de Meech par les législatures provinciales. [détails]

10 novembre 1987 - Démission de Pierre Marc Johnson du poste de chef du Parti québécois
Alors qu'une grave crise de leadership secoue le Parti québécois (PQ), le chef Pierre Marc Johnson affirme ne pas vouloir présider aux déchirements internes de sa formation et décide de remettre sa démission.

Député d'Anjou depuis 1976, Johnson a détenu plusieurs portefeuilles avant de devenir chef du PQ, et premier ministre, en 1985. En remettant sa démission, il annonce qu'il quitte complètement la vie politique, tant son poste de député d'Anjou que la présidence du PQ auquel il s'est joint au début des années 70. C'est le député de Joliette, Guy Chevrette, qui assumera la fonction de chef intérimaire de l'Opposition officielle à l'Assemblée nationale. Dans le discours qu'il prononce devant les députés réunis à l'Assemblée nationale, Johnson fait un rapide survol de sa carrière et déclare : «J'aime la politique parce qu'elle est un lieu sans pareil pour agir et pour servir. Ce n'est pas un lieu facile à fréquenter. La politique est exigeante sur le plan personnel, parfois injuste, cruelle, mais elle apporte des compensations extraordinaires quand on réussit à changer les choses en servant.» Depuis qu'il s'est fait le défenseur du concept «d'affirmation nationale», Johnson était fortement contesté par les éléments plus radicaux du parti, désireux de garder l'objectif souverainiste en tête de l'agenda péquiste. En 1988, l'ex-ministre des Finances du Québec, Jacques Parizeau , succédera à Pierre Marc Johnson à la tête du Parti québécois. [détails]

8 novembre 1989 - Avertissement de Jacques Parizeau au premier ministre Robert Bourassa en regard de l'entente du lac Meech
Par le biais d'une lettre publiée dans les journaux, le chef de l'Opposition péquiste à l'Assemblée nationale, Jacques Parizeau , exhorte le premier ministre Robert Bourassa à ne pas céder au «maquignonnage» qui agite les hommes politiques au Canada.

Parizeau presse Bourassa de se retirer de la ronde de négociations constitutionnelles s'il n'a pas l'assurance que la clause de la société distincte aura préséance sur la Charte des droits et libertés. Selon Parizeau : «Ce qui importe à l'heure actuelle, c'est que le Québec évite tout recul possible, évite l'humiliation d'une ratification à tout prix en consentant, du fait de votre autorisation, à réduire davantage la portée d'un accord pourtant déjà beaucoup trop timide. Nous vous demandons bien sûr de ne pas engager le Québec dans des pourparlers en vue de la conclusion d'un accord parallèle. Bien plus, nous attendons que vous profitiez de la conférence fédérale-provinciale des Premiers ministres des 9 et 10 novembre pour obtenir de tous les Premiers ministres une explication claire et unanime du sens et de la portée de la clause dite de la société distincte.» Les déclarations du chef péquiste suivent de quelques jours celles du premier ministre de Terre-Neuve, Clyde Wells, qui souhaite voir sa province retirer son appui à l'accord du lac Meech. [détails]

22 juin 1990 - Rejet final de l'accord du lac Meech
L'échéance prévue pour la ratification de l'accord du lac Meech par les provinces se termine sans l'appui du Manitoba et de Terre-Neuve. L'échec de cet accord, qui visait à faire sortir le Québec de son isolement constitutionnel, entraînera un regain du mouvement nationaliste québécois.

Ce rejet met fin au processus entrepris au milieu des années 80 par le premier ministre Brian Mulroney et les premiers ministres des provinces pour amener le Québec à adhérer à la Constitution canadienne. Selon les dispositions de l'entente dite du lac Meech, chaque province avait trois ans pour faire ratifier l'accord par sa législature. L'approbation de l'Assemblée nationale du Québec est acquise dès 1987. Mais, en juin 1990, les législatures de Manitoba et de Terre-Neuve n'ont toujours pas ratifié l'accord, ce qui confirme son échec le 22 juin. Le soir même, le premier ministre du Québec, le libéral Robert Bourassa , prononce un discours dans lequel il déclare qu`à l'avenir le Québec négociera de façon bilatérale avec Ottawa. Il y affirme notamment : «Le Canada anglais doit comprendre de façon très claire que, quoi qu'on dise et quoi qu'on fasse, le Québec est, aujourd'hui et pour toujours, une société distincte, libre et capable d'assurer son destin et son développement.» L'enthousiasme manifesté par les nationalistes québécois le 24 juin, lors de la Saint-Jean-Baptiste, et les résultats de sondages effectués auprès de l'opinion publique démontrent que l'échec de cette entente s'est traduit par un regain de popularité important pour l'option souverainiste. [détails]

Commentaire

En 1900, tous les gouvernements sont centralisés au parlement. Par la suite le pouvoir est personnalisé par le Premier ministre de l’époque, Maurice Duplessis. Dans la fin des années 50, on remarque l’arrivée de Paul Sauvé, qui valorise la dépersonnalisation du pouvoir. En suite, c’est Robert Bourassa qui marque le pas avec ses idées de sociale démocratie. Certaines mesures sont prises comme : l ‘assurance-santé, assurance-emploi, charte des droits et libertés et enfin l’assistance juridique. Toutes ces mesures confirment la tendance de l’époque à vouloir un état providence.

Le 14 octobre 1967, le départ de René Lévesque du Parti libéral du Québec, annonce le commencement d’un mouvement pour la souveraineté. Cela mène à la création du Mouvement souveraineté-association. C’est lors d'un congrès de quatre jours qui se déroule au petit Colisée de Québec, que le Mouvement souveraineté-association (MSA) de René Lévesque et le Ralliement national (RN) de Gilles Grégoire fusionnent pour fonder une nouvelle formation politique indépendantiste : le Parti québécois (PQ). Depuis sa création en 1970, le vote pour le Parti Québécois a grandement évolué. Ainsi de 1970 à 1980, le vote ne cesse d’augmenter. Par la suite, on remarque une baisse du vote PQ. Mais le vote demeure entre 37% et 45%.

Le Parti québécois a vécu plusieurs crises internes. Premièrement, le parti vit une crise lors de la mise en veilleuse de l’option souverainiste. Plusieurs personnes n’acceptent pas la mise en veilleuse de l’option souverainiste. « En désaccord avec la mise en veilleuse de l'option souverainiste par le Parti québécois (PQ), les ministres Jacques Parizeau, Jacques Léonard, Camille Laurin, Gilbert Paquette et Denise Leblanc-Bantey remettent leur démission. » Ce conflit relancera l’importance du séparatisme au sein du Parti québécois. En second lieu, le Parti québécois vit une autre situation difficile en 1987. Pierre-Marc Johnson démission de son poste de chef du parti québécois. « Alors qu'une grave crise de leadership secoue le Parti québécois (PQ), le chef Pierre-Marc Johnson affirme ne pas vouloir présider aux déchirements internes de sa formation et décide de remettre sa démission ». Monsieur Jacques Parizeau prendra la succession de Monsieur Johnson.

L’accord du lac Meech est une entente qui tente de régler les conflits entre le fédéral et le provincial. « Selon Gil Rémillard, ministre des Affaires intergouvernementales canadiennes : le gouvernement fédéral doit se désengager de ces champs d'action (santé, éducation post-secondaire) qui ne relèvent pas de sa juridiction, nous le souhaitons. » Le 8 novembre 1989, « Parizeau presse Bourassa de se retirer de la ronde de négociations constitutionnelles s'il n'a pas l'assurance que la clause de la société distincte aura préséance sur la Charte des droits et libertés. » L’accord du lac Meech tente de régler les vieilles chicanes constitutionnelles. « L'échéance prévue pour la ratification de l'accord du lac Meech par les provinces se termine sans l'appui du Manitoba et de Terre-Neuve. L'échec de cet accord, qui visait à faire sortir le Québec de son isolement constitutionnel, entraînera un regain du mouvement nationaliste québécois ».

 

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